Tunisie Réveille Toi ! http://www.reveiltunisien.org/ Site d'information et d'opinion sur la Tunisie fr SPIP - www.spip.net Le 7-Novembre dans la presse tunisienne. http://www.reveiltunisien.org/spip.php?article2356 http://www.reveiltunisien.org/spip.php?article2356 2006-11-15T21:39:44Z text/html fr Bob Presse dépendante Responsabilité civile/citoyenne Ben Ali, ZABA Le 7-Novembre dans la presse tunisienne. Pour comprendre pourquoi la Tunisie n'arrive pas à décoller de la médiocrité dans laquelle elle est plongée depuis l'indépendance, il suffit de lire la presse tunisienne en vente pendant les cinquante dernières années. A ceux qui n'ont pas eu le malheur de lire ses feuilles de chou, je leur dis n'essayez jamais de satisfaire votre curiosité sinon vous sombrerez, comme moi, dans un océan de dégoût, ou pire, vous serez emportés par une vague immense de (...) - <a href="http://www.reveiltunisien.org/spip.php?rubrique2" rel="directory">Agora</a> / <a href="http://www.reveiltunisien.org/spip.php?mot64" rel="tag">Presse dépendante</a>, <a href="http://www.reveiltunisien.org/spip.php?mot67" rel="tag">Responsabilité civile/citoyenne</a>, <a href="http://www.reveiltunisien.org/spip.php?mot121" rel="tag">Ben Ali, ZABA</a> <div class='rss_texte'><p>Le 7-Novembre dans la presse tunisienne.</p> <p>Pour comprendre pourquoi la Tunisie n'arrive pas à décoller de la médiocrité dans laquelle elle est plongée depuis l'indépendance, il suffit de lire la presse tunisienne en vente pendant les cinquante dernières années. A ceux qui n'ont pas eu le malheur de lire ses feuilles de chou, je leur dis n'essayez jamais de satisfaire votre curiosité sinon vous sombrerez, comme moi, dans un océan de dégoût, ou pire, vous serez emportés par une vague immense de médiocrité. Si un jour vous échouez sur un vol de Tunis Air et que l'hôtesse vous propose un quotidien tunisien, débrouillez-vous pour trouvez une excuse qui vous permet de décliner poliment son offre (du genre : « la lecture en altitude me donne envie de dégueuler »). N'essayez même pas de jeter un coup d'œil furtif sur les gros titres car vous risquez d'attraper un urticaire géant très gênant à dix milles mètres d'altitudes. Contentez-vous de regarder discrètement votre voisine, surtout si elle est jolie, ou à défaut, l'écran qui indique le déplacement de votre aéronef.</p> <p>Le quotidien « La Presse » est l'exemple type du kitsch tunisien qui traverse imperturbablement les années sans prendre une seule ride. Prenez au hasard une édition des années 60, lisez l'éditorial ainsi que les articles qui résument les activités du « combattant suprême ». Lisez maintenant l'édition de ce matin et vous aurez cette curieuse et désagréable impression « du déjà vu ». Les écrivains publics employés par la presse tunisienne (ils se disent journalistes, mais vous convenez avec moi qu'il s'agit d'usurpation de titre), nous servent depuis plusieurs années la même prose abrutissante et l'éternel pot pourri de pseudo-événements.</p> <p>La Presse tunisienne, fait régulièrement appel à une certaine « élite » auxiliaire du pouvoir, toujours prompte à caresser « la bête » dans le sens du poil. Une de ces sommités de la culture racoleuse, est un certain Jamil CHAKER. C'est un inculte présomptueux et suffisant, qui exerce le métier de professeur dans l'enseignement supérieur et qui est spécialisé dans l'étude de « L'ERE NOUVELLE ». Depuis des années, à l'approche du 7 novembre, les lecteurs de la Presse ont droit au même thème exposé avec quelques variations mais toujours dans un style flamboyant vantant les mérites de cette Ere (avec majuscule) qui pris naissance à l'aube du 7-Novembre (avec majuscule) et le Changement « qui a fini par s'écrire avec un majuscule initiale ». Un fantastique patchwork de mots et de phrases effilochés qui s'étale dans cette morne presse culturellement et intellectuellement désertique. La dernière prose de ce janissaire obsédé du « 7-Septembre » (l'orthographe est de lui), a été publié le 6 septembre 2006 sous le titre « L'Ere nouvelle : une véritable mutation historique ». Une petite anthologie de la littérature bolchevique. Voici quelques extraits édifiants.</p> <p>« Une Ere ? Celle-ci se caractérise par sa globalité, par la spécificité de ses mythes fondateurs, de ses valeurs essentielles. Elle a, en quelque sorte, une âme particulière. Elle comporte un projet de réforme cohérent, touchant tous les secteurs de la société et produisant des rapports dialectiques de continuité et de négation avec l'ordre existant. L'universalité des choix témoigne d'une vision d'ensemble, c'est-à-dire d'un modèle de société. Les vraies renaissances, celles qui ont marqué l'avènement d'une Ere nouvelle, ont toujours été ambivalentes, étant à la fois en harmonie avec la tradition et les acquis positifs du passé, et une volonté de réinvention, de progrès, de dépassement. »</p> <p>Cette introduction est à elle seule, un chef d'œuvre du style pompeux pitoyable qui mérite de figurer dans le livre des records au chapitre des textes les plus racoleurs. Continuons notre voyage à travers cet exercice de style où on a l'impression que les mots les plus caractéristiques du délire textuel actuel, ont subi un copier-coller sauvage pour donner ceci :</p> <p><img src="http://www.reveiltunisien.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> « Comment distinguer un événement ou une série redondante d'événements qui peuvent introduire des changements plus ou moins importants dans le vécu des hommes, et une mutation historique.</p> <p>Dès l'aube du 7-Novembre, le Président Ben Ali a conçu le Changement comme la genèse d'une Ere nouvelle. Il en a forgé les valeurs fondatrices : la réhabilitation de la notion de temps dans un réel statufié, figé par la fin d'une époque, l'éloge du travail et de l'ambition comme valeurs cardinales de tout processus de réforme, l'affirmation du prestige de l'homme capable de s'améliorer par la quête du savoir et l'effort critique, la réconciliation nationale dans le cadre d'une République consensuelle et fédératrice de tous les potentiels de la nation.</p> <p> Certes, la nouvelle approche a été fortement pragmatique, contrairement à la rigidité des idéologies. Mais elle s'accompagne d'une forte intransigeance au niveau des valeurs et du dévouement à l'intérêt national.</p> <p><img src="http://www.reveiltunisien.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Le Président Ben Ali a introduit une nouvelle valeur dans l'univers mental du citoyen tunisien en modifiant la relation conventionnelle du sujet à son pays et à l'Etat. Le Tunisien, en période protectionniste, se contentait de faire valoir des revendications et d'exiger des autorités publiques des solutions à tous ses problèmes. Il doit, dorénavant, réfléchir sur son apport au processus de développement de son pays.</p> <p><img src="http://www.reveiltunisien.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Ben Ali sait que le réel est d'une extrême complexité et que le Changement s'y inscrit progressivement. C'est pourquoi l'engagement collectif et la foi populaire sont les garanties d'une mutation effective.</p> <p> Le réel n'est pas seulement une entité complexe et instable. C'est aussi un système sémiologiquement articulé, constituant une structure où chaque élément n'a de sens et de pertinence que par rapport aux autres éléments. Dans la lecture de Ben Ali, il y a une sémiologie et une syntaxe du réel : chaque signe de la société est analysé en rapport avec les autres signes. </i></p> <p>Et cela continue dans le même style abscons pour finir dans une envolée lyrique que voici :</p> <p><i>« L'Ere nouvelle que connaît la Tunisie depuis le 7 novembre 1987 séduit. Elle a donné au pays beaucoup de vigueur, un foisonnement d'idées, une somme considérable d'acquis, touchant tous les domaines. La pensée, l'approche, le discours et l'action politiques ont totalement changé. C'est une époque de mouvement, de réforme, de démocratie. La pensée politique qui a adopté la mutabilité comme fondement de la modélisation culturelle inscrit le réel dans un horizon d'attente, c'est-à-dire dans un ensemble de projets censés améliorer l'ordre existant. L'action politique se présente alors comme un processus d'invention et de transformation qui est en même temps une genèse en relation avec la grille socio-culturelle et les lieux communs de l'Histoire ».</i></p> <p>Il est formidable, ce Monsieur ! On reste sans voix devant cette conclusion qui atteint des sommets dignes des pires moments de la dictature stalinienne. Et il parait que l'auteur de cette prose stupéfiante est professeur de l'enseignement supérieur ! S'il enseigne avec la même grandiloquence et la même mauvaise foi que l'on retrouve dans ses écrits, alors on devine à quel point il saccage impunément les cerveaux des jeunes tunisiens et les calibre selon les normes de la pensée unique Le pire est que cet auxiliaire du fétichisme du pouvoir n'est pas un cas unique.</p> <p>Peut-on encore méditer cette phrase de Frank Pavloff : « Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ? »</p></div> Condamnation du maire UMP de Cogolin : il avait refusé le mariage d'un couple franco-tunisien http://www.reveiltunisien.org/spip.php?article2311 http://www.reveiltunisien.org/spip.php?article2311 2006-10-04T18:15:13Z text/html fr Bob Solidarité internationale famille droit de l'homme Entré en France via l'Allemagne en juin 2003, avec un visa d'étudiant de trois mois, Mohamed, tunisien âgé de 27ans, y a rencontré Jennifer, française âgée de 22 ans, et a décidé de rester à Cogolin. Un heureux événement étant annoncé pour cet hiver, le couple a alors décidé d'officialiser cette situation qui dure depuis trois ans par un mariage. Au vu du statut de clandestin du futur époux - la demande de titre de séjour de Mohamed a été refusée et se trouve en appel devant le tribunal administratif -, les (...) - <a href="http://www.reveiltunisien.org/spip.php?rubrique41" rel="directory">Société</a> / <a href="http://www.reveiltunisien.org/spip.php?mot61" rel="tag">Solidarité internationale</a>, <a href="http://www.reveiltunisien.org/spip.php?mot90" rel="tag">famille</a>, <a href="http://www.reveiltunisien.org/spip.php?mot157" rel="tag">droit de l'homme</a> <img class='spip_logos' alt="" align="right" src="http://www.reveiltunisien.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton2311-a5019.jpg" width='150' height='112' style='height:112px;width:150px;' /> <div class='rss_texte'><p>Entré en France via l'Allemagne en juin 2003, avec un visa d'étudiant de trois mois, Mohamed, tunisien âgé de 27ans, y a rencontré Jennifer, française âgée de 22 ans, et a décidé de rester à Cogolin. Un heureux événement étant annoncé pour cet hiver, le couple a alors décidé d'officialiser cette situation qui dure depuis trois ans par un mariage. Au vu du statut de clandestin du futur époux - la demande de titre de séjour de Mohamed a été refusée et se trouve en appel devant le tribunal administratif -, les services de l'état civil de la mairie ont mené en juin dernier l'enquête d'usage en pareil cas, qui s'est conclue par un avis favorable de l'adjoint délégué. Aucune suspicion de mariage blanc. Nonobstant, la mairie a transmis le dossier au procureur de la République de Draguignan pour avis. Après une nouvelle enquête, confiée cette fois à la gendarmerie, le procureur a informé M. Senequier, dans un courrier de mi-juillet, qu'il n'entendait pas s'opposer à cette union, lui demandant d'en informer le couple. Mais alors que les bans étaient publiés pour le 22 juillet, Mohamed et Jennifer ont été convoqués deux jours avant le mariage, pour s'entendre signifier que ni le maire, ni aucun des élus de la commune, ne célébreraient ce mariage. Alerté de cette situation par leur avocat, Me Jamel Guesmi du barreau de Draguignan, le procureur a demandé au maire de l'informer des raisons de ce refus. Il n'a pas reçu de réponse. D'où l'action du couple en référé. Contacté par l'AFP, le maire de Cogolin a témoigné de son incompréhension face à la loi. « D'un côté, on nous demande de lutter contre les clandestins, de l'autre on nous autorise à les marier. » De son côté, Me Guesmi en appelle à la convention européenne des droits de l'homme, pour laquelle « la liberté de mariage d'un étranger n'est pas subordonnée à la régularité de sa situation quant à l'entrée et au séjour des étrangers sur le territoire national ». Selon lui, le refus du maire de Cogolin de marier ce couple constitue une voie de fait et attend du juge des référés qu'il oblige le maire à procéder à ce mariage dans les plus brefs délais. Le 9 septembre Pierre Daspre, conseiller municipal communiste de Cogolin adresse le communiqué suivant à la presse « Le Maire de Cogolin vient de refuser le mariage entre une jeune Cogolinoise et un jeune Tunisien habitant Cogolin prétextant la situation irrégulière de ce dernier. Cette décision remet en cause le double travail d'enquête mené sur place d'une part par les services de l'état civil de la mairie et d'autre part par la gendarmerie sur la sincérité de ce mariage. Cette décision est illégale comme l'a signalé au Maire le Procureur de Draguignan. Le mariage est un droit fondamental, reconnu et protégé, régi par les articles 144 et suivants du Code civil. Toute restriction au droit de se marier est interdite, notamment en raison de l'origine nationale (articles 12 et 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme de 1950). Aucune obligation particulière ne doit être imposée aux étrangers (circulaire du ministre de l'intérieur du 31 août 1982). En cas de retard ou de refus de célébrer un mariage, les officiers d'état civil peuvent être condamnés pour atteinte à la liberté de se marier. Le Maire de Cogolin qui s'est prétendu apolitique pendant des années tient-il à affirmer publiquement son adhésion à l'UMP et aux thèses sarkozystes ? S'il se refuse personnellement à procéder à ce mariage, je suis prêt à le faire à sa place. Je tiens à signaler que je ne connais personnellement pas ce jeune couple. » Le 11 septembre, le maire fait finalement volte face, faisant parvenir une lettre au parquet de Draguignan, annonçant qu'il acceptait que le mariage soit célébré dans sa commune mais par les élus de l'opposition et non ceux de l'UMP.</p> <p>Lors de l'audience du 13 septembre dernier, Le maire UMP de Cogolin est resté ferme sur ses positions : « On ne peut pas me demander d'un côté de lutter contre les clandestins et d'un autre de les marier. C'est une ineptie du droit. Le futur époux, "en situation irrégulière, doit être reconduit à la frontière". On va sans doute nous obliger à faire ce mariage, a-t-il ajouté. Nous ne ferons pas appel, nous ne ferons pas obstacle à la loi, mais ni moi ni mes adjoints de la majorité municipale ne prononcerons cette union. » Il a précisé que l'opposition municipale avait accepté de célébrer le mariage. « Ce sont ceux de l'opposition socialo-communiste qui se chargeront de cette tâche et qui prendront cette responsabilité », a-t-il déclaré à l'audience. « Si la justice doit s'opposer aux mariages de complaisance en vue d'obtenir un titre de séjour, dans cette affaire la sincérité du couple est réelle et ne peut pas être mise en doute », a estimé le procureur lors de l'audience. Il a requis "l'exécution matrimoniale". Le tribunal de grande instance de Draguignan a mis son jugement en délibéré au mercredi 27 septembre. . Voici de dénouement de cette affaire, rapportée par la presse : « Le maire de la commune varoise de Cogolin qui avait refusé, en dépit de l'avis favorable du parquet, de célébrer le mariage d'un couple franco-tunisien, invoquant la situation irrégulière du futur époux, a été contraint mercredi 27septembre2006, de procéder à cette union "sans délai" par le tribunal de Draguignan » Le tribunal a précisé que le maire de Cogolin devrait s'acquitter d'une astreinte de 500 euros par jour si le mariage n'était toujours pas célébré dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement. En outre le maire a été condamné à verser au couple 1500 euros au titre des frais de justice. Post-scriptum : L'histoire de ce couple m'inspire les réflexions suivantes :</p> <p>1° La liberté et l'impartialité de la Justice en France, ne sont plus à démontrer. 2° Les assauts répétés de Sarkozy contre les juges, dont la mission constitutionnelle est de protéger les libertés individuelles, n'entament pas leur indépendance. 3° L'affaire du jeune couple de Cogolin, n'est pas la première affaire du genre. Plusieurs autres affaires similaires ont été résolues par les juges français. Il suffit de consulter les sites Internet des sections locales de la Ligue des Droits de l'Homme, pour constater l'augmentation constante des tracasseries subies par les couples mixtes. 4° La Ligue des Droits de l'Homme soutient de manière efficace ces couples, et les accompagne dans leur combat contre l'injustice et l'arbitraire. Il faut saluer l'engagement de cette organisation.</p> <p>Enfin je voudrais exprimer un souhait : je demande aux responsables de ce site, aux organisations tunisiennes et africaines en France, aux lecteurs et sympathisants de ce site, de se renseigner sur la date de mariage de Mohamed et Jennifer et de les accompagner en nombre, à la Mairie de Cogolin (magnifique petite ville située prés de Saint Tropez). Je vous laisse apprécier le symbole de cette fête ! Le premier qui réussit à avoir la date et l'heure du mariage est prié de l'annoncer sur ce site. Merci. A bientôt à Cogolin.</p> <p>— -</p> <p>mercredi 27 septembre 2006, 17h28 Var : le maire de Cogolin contraint de célébrer "sans délai" le mariage mixte auquel il s'opposait</p> <p>TOULON (AP) - Le maire de la commune varoise de Cogolin qui avait refusé, en dépit de l'avis favorable du parquet, de célébrer le mariage d'un couple franco-tunisien, invoquant la situation irrégulière du futur époux, a été contraint mercredi de procéder à cette union "sans délai" par le tribunal de Draguignan, a-t-on appris auprès de l'avocat du couple, Me Jamel Guesmi.</p> <p>Le tribunal a en outre précisé que le maire de Cogolin devrait s'acquitter d'une astreinte de 500 euros par jour si le mariage n'était toujours pas célébré dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement.</p> <p>A l'origine, deux jours avant le mariage, la mairie avait informé le couple, qu'aucun élu n'officierait, malgré l'avis favorable du parquet, rendu sur la foi d'une enquête de gendarmerie concluant qu'il ne s'agissait pas d'une union de complaisance.</p> <p>Jennifer, 22 ans et Mohamed, 27 ans, tunisien en situation irrégulière, devaient se marier le 22 juillet dernier après trois ans de vie commune.</p> <p>Lors de l'audience du 13 septembre dernier, le maire de Cogolin, Jacques Sénéquier (UMP), avait finalement indiqué qu'il ne s'opposait plus à ce mariage, mais qu'il refuserait de le célébrer, tout comme ses adjoints, et en laissait le soin aux élus de l'opposition de gauche.</p> <p>Il avait dénoncé une "ineptie entre la loi sur les étrangers et l'obligation de les marier".</p> <p>"Le tribunal a appliqué la loi, a fait prévaloir les valeurs de la République et ses principes", a estimé Me Guesmi, avocat du jeune couple qui avait assigné Jacques Sénéquiet. "Le tribunal a retenu qu'en refusant d'appliquer la loi, le maire avait commis une voie de fait". Pour lui, toutefois, "il n'y a ni gagnant ni perdant dans ce dossier. Le seul gagnant, c'est le droit". AP <a href="http://fr.news.yahoo.com/27092006/5/var-le-maire-de-cogolin-contraint-de-celebrer-sans-delai.html" class='spip_out' rel='external'>Source Yahoo news</a></p></div> Alexandre Milinkevitch https://www.reveiltunisien.org/spip.php?article2123 https://www.reveiltunisien.org/spip.php?article2123 2006-03-29T21:01:53Z text/html fr Bob Dictature droit de vote Toute ressemblance avec un tyran existant ou ayant existé...n'est pas fortuite. Sans surprise, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a été réélu le 19 mars 2006 dès le premier tour à la présidence biélorusse. Il a remporté 82,6% des suffrages exprimés. Alexandre Milinkevitch, principal candidat de l'opposition, n'en a réuni que 6%. Voici la chronologie d'une tragédie annoncée : Juin 1994 : élection d'Alexandre Loukachenko, ancien instructeur politique de l'Armée rouge, à la présidence de la (...) - <a href="https://www.reveiltunisien.org/spip.php?rubrique40" rel="directory">Politique</a> / <a href="https://www.reveiltunisien.org/spip.php?mot79" rel="tag">Dictature</a>, <a href="https://www.reveiltunisien.org/spip.php?mot99" rel="tag">droit de vote</a> <div class='rss_chapo'><p>Toute ressemblance avec un tyran existant ou ayant existé...n'est pas fortuite.</p></div> <div class='rss_texte'><p>Sans surprise, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, a été réélu le 19 mars 2006 dès le premier tour à la présidence biélorusse. Il a remporté 82,6% des suffrages exprimés. Alexandre Milinkevitch, principal candidat de l'opposition, n'en a réuni que 6%.</p> <p>Voici la chronologie d'une tragédie annoncée :</p> <p><strong>Juin 1994</strong> : élection d'Alexandre Loukachenko, ancien instructeur politique de l'Armée rouge, à la présidence de la République biélorusse.</p> <p>Lors d'un discours télévisé, il a prévenu ses concitoyens qu'il les espionnerait sans relâche : « Mon hélicoptère volera au-dessus de vos têtes presque chaque jour. » A ceux qui seraient tentés de protester, il promet une justice expéditive et affirme que, pour lui, les droits de l'homme se résument au « droit au travail »... Les leaders idéologiques du président Alexandre Loukachenko, sont le serbe Slobodan Milosevic et Saddam Hussein, à l'époque où ce dernier régnait à Bagdad.</p> <p><strong>Mai 1995</strong> : un référendum constitutionnel renforce le caractère présidentiel du régime.</p> <p>Médias aux ordres, police politique, Parlement aux pas ... le Maître de Minsk, qui voit des complots partout, emploie davantage de policiers que la Pologne voisine, pourtant quatre fois plus peuplée. Comme à l'époque stalinienne, les procès d'opposants, « ennemis des autorités », ont parfois lieu à huis clos. Chaque soir, à l'heure du dîner, Alexandre Loukachenko apparaît sur le petit écran, entouré de conseillers qui applaudissent ses moindres faits et gestes, du début à la fin du journal télévisé. Face au régime de Loukachenko, les partis d'opposition sont faibles et divisés. Le pays attend un leader démocrate charismatique.</p> <p><strong>Novembre 1996</strong> : un référendum constitutionnel prolonge le mandat de Loukachenko jusqu'en 2001 et accroît ses pouvoirs.</p> <p>Pour ses 10 millions de concitoyens, le chef de l'Etat biélorusse est devenu source de cauchemars quotidiens. Curieusement, l'homme fort de Minsk est reçu à l'Elysée par Jacques Chirac en juillet 1996. On ne sait pas si ce dernier a affirmé que "le premier des droits de l'homme c'est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat".</p> <p><strong>Juillet 1998</strong> : l'Union européenne interdit l'accès de son territoire au président Loukachenko.</p> <p><strong>Mai 1999</strong> : l'opposition organise une élection présidentielle clandestine pour protester contre l'allongement du mandat du président, qui aurait dû expirer en 1999.</p> <p><strong>Septembre 2001</strong> : Alexandre Loukachenko est réélu avec 75,5% des voix à l'occasion d'un scrutin marqué par de nombreuses irrégularités.</p> <p><strong>Septembre 2004</strong> : l'Union européenne et les Etats-Unis décident d'interdire de séjour sur leur territoire plusieurs personnalités officielles biélorusses.</p> <p><strong>Octobre 2004</strong> : élections législatives. L'opposition ne remporte aucun siège. Alexandre Loukachenko fait adopter, par référendum, une modification de la Constitution lui permettant de se représenter au-delà de son deuxième mandat, en 2006.</p> <p><strong>Octobre 2005</strong> : les mouvements d'opposition s'unissent pour désigner Alexandre Milinkevitch comme candidat pour l'élection présidentielle de 2006.</p> <p><strong>Décembre 2005</strong> : adoption d'un projet de loi prévoyant la prison pour quiconque « discréditerait » le pays où nuirait à sa sécurité lors de contacts avec des organisations ou pays étrangers. L'opposition est la cible d'intimidations et la télévision est entièrement dévouée à son président, accusé par l'Occident de fouler aux pieds les libertés fondamentales, de fermer les médias qui ne lui sont pas favorables et de truquer systématiquement les élections depuis le référendum de 1996, qui a considérablement étendu ses prérogatives.</p> <p><strong>Mars 2006</strong> Campagne électorale.</p> <p>Loukachenko, dernier dictateur d'Europe, règne depuis douze ans par la peur. Il mise sur elle pour se succéder à lui-même une vague d'arrestations pendant la campagne. Dans les derniers jours de la campagne électorale, le despote Loukachenko avait promis de "tordre le cou" à quiconque troublerait l'ordre public. Le KGB local avait prévenu que toute manifestation serait assimilée à du terrorisme et a menacé de faire fusiller ceux qui manifesteront à l'appel du principal candidat de l'opposition à la présidentielle du 19 mars.</p> <p><strong>19 mars 2006</strong> : élection présidentielle.</p> <p> Alexandre Loukachenko est réélu avec 82,6% des voix, selon des résultats annoncés par la Commission électorale, contre 6% au candidat de l'opposition Alexandre Milinkevitch. L'opposition demande l'invalidation de l'élection.</p> <p>10 000 opposants ont bravé les autorités en organisant un rassemblement dans le centre de Minsk, sur la place d'Octobre. Ils ont crié à la fraude et réclamé l'annulation du scrutin. Pour Milinkevitch, cette réaction constitue déjà une "victoire colossale", car "les gens ont surmonté leur peur". Son objectif ? "De nouvelles élections honnêtes", a-t-il lancé à la foule rassemblée. Il a convié ses partisans à redescendre dans la rue lundi soir. La police n'est pas intervenue contre ceux qui agitaient des drapeaux étoilés de l'Union européenne et bleus de l'opposition, ainsi que les couleurs nationales blanc et rouge, interdites par Loukachenko.</p> <p><strong>20 mars 2006</strong> Les réactions occidentales ne se sont pas faite attendre, au lendemain de la réélection d'Alexandre Loukachenko. Les conditions sont jugées anti-démocratiques par l'OSCE (L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Le secrétaire général de l'Otan a condamné la manière dont s'est déroulée l'élection. Se référant aux conclusions des observateurs internationaux, dont ceux de l'OSCE, l'Otan considère les normes démocratiques bafouées. L'organisation demande aux autorités biélorusses de "prendre les mesures nécessaires pour appliquer les normes démocratiques euro-atlantiques. La Maison-Blanche, qui conteste elle aussi le résultat, soutient les appels à une nouvelle élection. L'opposition biélorusse appelle à manifester contre ce qu'elle considère être une "farce" électorale. Plusieurs centaines d'opposants ont passé la nuit de lundi à mardi dans le centre de Minsk pour réclamer l'invalidation de l'élection présidentielle biélorusse. Ils se sont répartis sacs de couchage, nourriture et boissons chaudes pour surmonter le froid glacial. Au petit matin, des petits groupes les ont rejoints, mais les forces de l'ordre ont empêché leur ravitaillement et l'apport de nouveaux sacs de couchage. Le leader de l'opposition Alexandre Milinkevitch ne compte pas en rester là. "Nous devons rester ici tant que nous avons la force de le faire, jusqu'à la victoire", a-t-il lancé lundi soir aux quelque 7000 personnes rassemblées place d'Octobre. Le candidat d'opposition, qui est resté toute la nuit avec ses partisans, les a appelés à se réunir de nouveau mardi soir à 18h30.</p> <p>Loukachenko réélu, l'opposition dans la rue. C'est probablement le début de la fin d'un despote.</p></div>