Sommaire :
Partie arabe : (Al Quds Al Arabi) :
II Chirac et Saddam :
http://infos.netscape.fr/info/NDepeche ?id=99460&cat_id=3
Emissaire "secret" de Jacques Chirac auprès de Saddam (journal)
III WTC :
http://fr.news.yahoo.com/021102/5/2tvuh.html
samedi 2 novembre 2002, 1h11
Le bilan des attentats contre le World Trade Center revu à la baisse après qu’une femme et un homme sont retrouvés bien vivants
NEW YORK (AP) - Le bilan des attentats perpétrés le 11 septembre 2001 contre le World Trade Center a été revu à baisse pour atteindre le chiffre de 2.795 morts après qu’une femme de New York et homme de Floride qui avaient été déclarés disparus ont été retrouvés bien vivants, ont annoncé des représentants de la ville de New York vendredi.
La police a localisé Tina Spicer, de Manhattan, et Peter Montoulieu, de Miami, plus d’un an après qu’ils ont été ajoutés à la liste des victimes de l’attentat, sept semaines après que leurs noms ont été prononcés sur Ground Zero lors de la cérémonie anniversaire du 11 septembre.
"On a vérifié qu’ils étaient sains et saufs," a annoncé l’inspecteur Jeremiah Quinlan, qui a coordonné le recensement des personnes disparues au World Trade Center.
M. Montoulieu a déclaré à l’AP vendredi qu’il ne se trouvait pas du tout au World Trade Center le jour de l’attentat. Il n’avait fait que passer à l’aéroport La Guardia de New York une semaine plus tôt. C’est son ex-femme qui a fait rajouter son nom à la liste des disparus parce qu’elle le croyait qu’il se trouvait à New York pour une convention professionnelle qui avait en fait lieu à Indianapolis. Il n’a appris qu’il y a peu de temps que son nom figurait sur la liste des victimes et a aussitôt averti les autorités.
"Ils étaient vraiment contents de m’entendre," a expliqué cet homme de 44 ans.
On ignore en revanche comment a pu avoir lieu l’erreur concernant Mme Spicer. M. Quinlan a seulement expliqué que sa mère avait rapporté sa disparition.
Des milliers de parents ou amis inquiets ont appelé les autorités pour faire de telles déclarations dans les heures de panique et de désespoir qui ont suivi les attentats, ce qui explique que le bilan ait dans un premier temps été estimé à 6.700 personnes, avant de chuter régulièrement pour atteindre le chiffre de 2.801. Autant de noms qui ont été lus le 11 septembre dernier sur Ground Zero. Depuis, quatre autres personnes ont été rayées de cette liste. AP
IV Turquie :
Istanbul de notre correspondante
Le gouvernement qui émergera des élections législatives organisées, dimanche 3 novembre, en Turquie aura la tâche difficile de redresser l’économie, de poursuivre les réformes économiques et politiques et d’ancrer fermement la Turquie sur la voie de l’Europe. Les sondages prédisent une vague de fond qui pourrait engloutir plusieurs des formations qui ont dominé la vie politique récente. Les Turcs descendent rarement dans la rue pour exprimer leur frustration, mais, comme ils l’ont démontré par le passé, ils punissent leurs dirigeants lors des élections.
Deux formations semblent d’ores et déjà assurées de bénéficier du désenchantement d’un public à la recherche de nouveaux espoirs. Le Parti de la justice et du développement (AKP), fondé en 2001 après la dissolution du Parti de la vertu, est en tête de toutes les enquêtes, malgré la décision du conseil électoral d’interdire la candidature de son dirigeant, Recep Tayyip Erdogan. L’ancien maire d’Istanbul avait purgé une peine de prison pour avoir déclamé publiquement un poème religieux.
La procédure judiciaire intentée auprès de la Cour constitutionnelle pour obtenir la fermeture de l’AKP ne semble pas avoir découragé ses partisans. Les institutions étatiques demeurent méfiantes à l’égard de ce parti conservateur, dont plusieurs dirigeants ont un passé islamiste. Ceux-ci affirment avoir évolué et le programme du parti évite toute référence à la religion qui, par ailleurs, ne divise plus la société turque comme dans les années 1990, au moment de la montée du Parti de la prospérité.
Le Parti républicain du peuple (CHP), fondé par Atatürk, représente, lui, les espoirs de la gauche laïque. Le CHP, qui n’était pas présent dans le Parlement sortant, se prépare à un retour en force. Grâce à la présence dans ses rangs de l’ancien ministre de l’économie Kemal Dervis, le CHP peut compter sur l’appui de nombreux hommes d’affaires, qui veulent assurer la continuité des réformes économiques entreprises avec le FMI.
La corruption, les liens incestueux entre le monde politique et certaines banques en faillite, ainsi que des années de mauvaise gestion, ont laissé la Turquie exsangue. Malgré des signes timides de reprise, la population continue de souffrir de la récession. Le chômage touche plus de 2 millions de personnes, notamment les jeunes.
Les trois partis membres de la coalition actuelle ne peuvent pas être tenus pour seuls responsables d’une crise qui se préparait depuis longtemps, mais ils risquent d’en payer la facture. Parmi eux, seul le Parti d’action nationaliste (MHP) paraît proche des 10 % de votes nécessaires pour entrer au Parlement. Le Parti démocratique de gauche (DSP) semble aussi affaibli que son dirigeant, le premier ministre, Bülent Ecevit, âgé de 77 ans, dont la maladie avait déclenché les turbulences gouvernementales qui ont conduit à ce scrutin anticipé. Quant au Parti de la mère patrie (ANAP), malgré les efforts considérables déployés par son dirigeant, Mesut Yilmaz, pour accélérer la mise en place des réformes nécessaires à l’adhésion à l’UE, il souffre d’une image ternie par des accusations de corruption.
FIN D’UN SYSTÈME
En limitant l’accès à l’Assemblée nationale, le système de barrage exclut les votes de millions d’électeurs. Parmi les partis qui se battent pour être représentés au Parlement figurent le parti prokurde Dehap, qui s’est allié à de petits groupes de gauche pour augmenter ses chances, le Parti de la juste voie de Tansu Ciller, ainsi qu’une formation nouvelle, le Parti jeune, qui joue le rôle d’élément surprise de cette campagne électorale. Mené par un propriétaire de médias à la Berlusconi, dont le message est résolument populiste, nationaliste et anti-FMI, le Parti jeune promet la lune à des électeurs démunis qui veulent désespérément croire à des lendemains meilleurs. Son dirigeant, Cem Uzan, auquel les compagnies Nokia et Motorola ont intenté un procès pour détournement de 3 milliards de dollars, utilise ses chaînes de radio et de télévision pour se faire entendre.
Malgré une campagne caractérisée surtout par le grand nombre d’indécis, un paysage politique très différent devrait émerger de ces élections, qui signalent la fin d’un système politique clientéliste. Les liens entre les partis politiques et les instruments financiers ont été rompus par les réformes économiques, les politiciens ne peuvent plus puiser dans les coffres de l’Etat, désormais verrouillés, pour attirer les électeurs à coups de subsides et de crédits. La population veut de nouveaux dirigeants.
Au niveau de l’économie, le plan de restructuration introduit avec l’appui du FMI a permis d’assainir et de stabiliser le système financier, mais le remboursement de la dette mobilise pour l’instant l’essentiel des ressources de l’Etat et limite sa capacité d’améliorer les conditions de vie de la population. Pour encourager les investissements étrangers et amorcer une véritable reprise, la Turquie a besoin de stabilité. C’est ce que les électeurs turcs espèrent obtenir lors du vote du 3 novembre.
Nicole Pope
40 millions d’électeurs, 550 députés
Quarante millions d’électeurs turcs doivent élire, dimanche 3 novembre, leurs 550 députés à l’Assemblée nationale, pour une période de cinq ans. Ces élections - anticipées - ont lieu en un seul tour et seuls les partis qui auront obtenu au moins 10 % du nombre total des voix seront admis au Parlement. Trois des 18 partis en lice semblent en mesure d’y parvenir.
La chambre sortante, élue en mai 1999, avait vu le retour en force des nationalistes de gauche et de droite avec la victoire du Parti démocratique de gauche (DSP) de Bülent Ecevit et du Parti d’action nationaliste (MHP), devant les islamistes, qui avaient perdu leur place de première force politique. M. Ecevit a constitué une coalition avec le MHP et un parti de centre droit, l’ANAP.
Après l’annonce des résultats, le président de la République, Ahmet Necdet Sezer, devrait charger le dirigeant du parti vainqueur de former un nouveau gouvernement.